Le lectorat de BD au Québec/Comics readership in Québec

Responsable de projet : Philippe Rioux

Les travaux d’Howard Becker ont révélé comment les « mondes de l’art » (1982) impliquent le lectorat dans l’acte créatif, qui est aussi et surtout un acte coopératif. Lectrices et lecteurs, loin de consommer une œuvre en vase clos, interagissent en fait avec la diversité d’acteurs qui gravitent autour d’elle. En tenant compte de l’impact déterminant qu’a le lectorat sur la postérité et sur le contenu d’une œuvre, de même que sur le sous-champ culturel dont il fait partie, nous posons une question à deux volets : qui sont les lectrices et les lecteurs de bandes dessinées au Québec et comment participent-ils aux mondes de la BD québécoise, canadienne et autochtone?

Plus précisément, nous cherchons à distinguer les différents profils du lectorat en fonction de ses pratiques de lecture (lectorat occasionnel, fans et collectionneurs, lectorat scolaire / académique), de ses paramètres sociodémographiques, de la langue de lecture privilégiée et de ses goûts (genres et supports prisés, séries favorites, autrices et auteurs appréciés). Nous nous intéresserons aussi au contenu produit par le lectorat – fanzines, blogues, critiques, correspondances, publications sur les réseaux sociaux, émissions de baladodiffusions, etc. – afin de mieux éclairer l’aspect participatif inhérent à la culture des fans (Fiske 1992, Woo 2018).

À travers ces recherches, nous considérerons le lectorat comme l’un des récepteurs et des vecteurs principaux de transferts culturels. Il s’agira de réfléchir, dans cette optique, aux actions posées par les lectrices et lecteurs afin de faciliter l’intégration d’objets culturels exogènes à la culture québécoise – pensons, en particulier, aux comic books américains et aux mangas, autour desquels s’organisent des sous-cultures spécifiques. À l’inverse, nous voudrons aussi étudier les gestes du lectorat qui permettent à la bande dessinée québécoise de gagner d’autres aires culturelles. Enfin, nous tendrons l’oreille pour percevoir le dialogue entre les cultures lectorales du Québec, du Canada anglais, des Premières Nations et des peuples inuits et métis, afin d’examiner les initiatives communes et les tribunes qui permettent à ces différents lectorats de communiquer entre eux.

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